A nous faire perdre l’appétit !

En pleine période de fêtes fsaumon norvégienin d’année, les étals des poissonneries regorgent  de produits festifs et le saumon en est un dont les français sont friands. La majeure partie du saumon qui nous est proposée provient d’élevages de Norvège dont les conditions laissent les consommateurs dans la perplexité voire la méfiance. Ils ont raison.

Le saumon est la ruine écologique de la Norvège

La Norvège, ce pays de moins de 5 millions d’habitants, s’est natureaquaculture saumonllement spécialisé dans la pêcherie avec un certain succès puisqu’il compte plus de 500 entreprises exportatrices de poissons et s’impose comme le deuxième exportateur mondial de poissons après la Chine. La flotte de pêche est restée relativement modeste avec 12 000 pêcheurs se partageant 6000 bateaux mais depuis plus de 40 ans l’aquaculture du saumon d’élevage ne cesse d’augmenter sa production avec  plus de  920 000 tonnes de poissons élevés dans 650 fermes. La Norvège s’impose comme le pays leader sur ce marché avec 58 % de la production mondiale et c’est justement la France qui va profiter de cette offre abondante puisque nous sommes les premiers importateurs mondiaux de saumon : 7 saumons sur 10 consommés en France proviennent de fermes d’élevage en Norvège. Un marché qui pèse 416 millions d’Euros …
saumon aquacultureCela dit, critiquer l’industrie du saumon est de très mauvais goût à Oslo et saumon surpopulationl’association Green Warriors a vu se déployer une puissante contre-attaque lorsqu’elle a publié l’an dernier son rapport sur le catastrophique impact environnemental de l’élevage du saumon : entassement des animaux, traitements aux antibiotiques, aux pesticides, épandages nocifs pour l’environnement…
Au risque de vous faire perdre l’appétit, il est préférable que le consom’acteur que vous êtes, sache dans quelles conditions sont élevés ces poissons.

Selon l’enquête de Geen Warriors :

saumon aquaculture de nuit

  • 10 à 20% des saumons d’élevage meurent dans les cages, du fait de la surpopulation, de malformations et de maladies.
  • les études vétérinaires montrent que presque la moitié des saumons souffrent d’inflammation cardiaque, neuf sur dix de dépôts graisseux supplémentaires au niveau du cœur.
  • les vaccins inoculés aux saumons provoquent des effets secondaires, comme des péritonites.
    • les saumons sont maintenant infestés de « poux de mer », petit parasite qui se POUX DE MERnourrit du saumon et provoque sa mort ; c’est le cauchemar des fermes d’élevage mais en Norvège l’usage du diflubenzuron est légalement autorisé. C’est  un pesticide redoutable, interdit en France qui remplace les antibiotiques dont les effets ne sont plus suffisants pour éradiquer ces insectes dévastateurs devenus résistants. Bien que sur la notice de ce pesticide, il soit clairement écrit qu’il est « très toxique pour les organismes aquatiques, peut entraîner des effets indésirables à long terme pour le milieu aquatique. Ne doit pas être utilisé à moins de 30 m des fossés de drainage, des ruisseaux, des barrages ou de grands plans d’eau », le diflubenzuron est mélangé à la nourriture donnée aux poissons.
  • les déchets alimentaires des fermes aquacoles s’élèvent à 7% – il y a donc 70 000 tonnes de restes rejetés en shéma cage aquaculturemer et qui sont ensuite mangés par les poissons sauvages à proximité.
  •   La présence de polluants tels que les dioxines et le PCB dans le saumon génère un risque de cancer. Alors que faire pour suivre ce que  nos médecins et diététiciens nous disent depuis fort longtemps : « Les poissons gras, riches en Oméga 3 renforcent la santé mentale, ils sont bons pour le cœur, la circulation et la lutte contre certaines maladies inflammatoires, voire contre certains cancers. Leurs acides gras contenus dans l’huile sont essentiels pour le développement du cerveau et ont un effet bénéfique sur la dépression, la schizophrénie, la maladie d’Alzheimer et certaines formes d’hyperactivité. »

* Est-il préférable de manger du poisson sauvage de Norvège ?

Non car très cher et inévitablement, il subit la contamination de tout ce qui vit dans les fjords autour des élevages. Ceci est un gros sujet d’inquiétude pour les amateurs de nature en Norvège. Les nutriments donnés aux saumons des fermes s’échappent des immenses filets et terminent dan la bouche de la faune avoisinante. Le diflubenzuron menace les crustacés, le plancton et toute la vie sauvage autour des élevages.

* Est-il alors préférable de manger du poisson d’élevage labellisé  AB (Agriculture Biologique) ?SAUMON BIO

Je vous le conseille vivement car il est élevé en pleine mer, au large des côtes bretonnes ou de la Manche, sa nourriture est contrôlée et l’homologation AB très surveillée.
Voici deux sites français d’aquaculture :
* à l’extrémité de la Bretagne, les truites et les saumons sont nourris avec des aliments issus de l’Agriculture Biologique (70% de farines et huiles de poissons et 30% de végétaux). Premier élevage de pleine mer certifié en France, ce site est soumis à un cahier des charges très strict garantissant à la fois un produit de qualité et la préservation du milieu naturel. Les poissons sont issus d’une souche française: la souche Adour uniquement élevée sur ce site.

* Au pied des fortifications de Cherbourg, dans les forts courants de la Manche, le seul élevage de saumons en mer de France tente de tenir la dragée haute aux poissons écossais et surtout norvégiens qui alimentent en masse l’Hexagone. Il représente moins de 0,5% de la consommation nationale mais vise la qualité: leurs poissons sont de grands sportifs car ils ont du courant et de l’espace.

Si les effets sur la santé humaine font l’objet d’une controverse scientifique, la catastrophe environnementale de l’industrie du saumon norvégien ne fait plus de doute. Alors tant que  les Green Warriors et le parti écologiste norvégien (non représenté au Parlement), continuent de  plaider  pour un confinement des fermes afin d’éviter la contamination de l’environnement, tant qu’ils n’ont pas obtenu la classification du diflubenzuron en produit toxique, tant que les contrôles soient plus stricts sur la nourriture donnée aux poissons, limitons-nous au saumon bio, élevé au large des côtes françaises.

Mangeons moins mais mangeons mieux.

Bon appétit !

saumon fumé